Sportinformation: Etiez-vous nerveux avant le départ du plus important Grand Prix de votre carrière?
Tom Lüthi: Bizarrement, j'étais beaucoup plus nerveux il y a deux semaines à Istanbul. Je ne sais pas pourquoi, mais je me sentais très serein aujourd'hui.
Quand avez-vous su que vous étiez champion du monde?
En principe, une course n'est terminée que lorsque la ligne d'arrivée a été franchie. Mais je me suis réjoui du titre à un demi-tour de la fin. Par contre, je n'ai pas encore vraiment réalisé. Il faudra sans doute une bonne nuit de sommeil pour y parvenir.
Avez-vous adopté la tactique qui était prévue?
Pour l'essentiel, oui. En fait, j'aurais voulu essayer de m'échapper au départ, mais je me suis vite rendu compte que ce n'était pas possible. J'ai alors couru en limitant les risques et en refusant de me laisser entraîner dans les duels. A trois tours de la fin, j'ai pu baisser le rythme et me laisser dépasser, car j'avais assez d'avance sur le peloton suivant.
Cette tactique prudente ne va-t-elle pas à l'encontre de l'essence du sport motocycliste, dont le but est d'aller le plus vite possible?
C'est vrai, mais dans ces circonstances, je devais choisir entre un titre mondial et une nouvelle victoire en Grand Prix. Vous pouvez me croire, le choix a été vite fait.
Que s'est-il passé après l'arrivée?
Des interviews et des photos sans arrêt. Je n'ai pas encore eu un moment pour savourer. Je suis maintenant exténué.
Honda vous permettra mercredi de tester une machine de Moto Grand Prix. Votre sentiment?
Je me réjouis énormément. Je n'ai encore jamais piloté une telle machine. Je vais donc rester ici quelques jours.
En tant que champion du monde, vous pourrez arborer le numéro 1 la saison prochaine. Conserverez-vous le 12?
Je ne pense pas. Le 1 a trop d'allure.